14.10.2009

de ma vie d'inadaptée

Y a à peu près un mois (quand windows live messenger a décidé de ne plus fonctionner qu'avec la nouvelle version en fait), je me suis retrouvée sans msn au travail.Oui, bon, pas si dramatique à première vue (qui a dit "bénéfique même"?!) mais quand même...un peu. Ben ouais, moi j'aime bien avoir des nouvelles des coupines dans la journée, leur faire part de ma crise de désespoir et de ma volonté d'aller faire du fromage de chèvre dans le larzac, au lieu de me fait chier au bureau quand, pour la 4ème fois de la journée, on m'oublie, ou encore simplement dire que nan, là, je peux pas te parler, j'ai ma stagiaire, déconne pas.

Pis avec mes coupines, on a un rituel le mercredi... enfin, c'est plutôt une espèce de rendez-vous. Comme en général, pour tout le monde, c'est une journée de ouf, ben on se connecte toutes, histoire de dire que ouais, on peut p'têt pas se la couler douce autour d'une bière, mais au moins,on se soutient moralement et tout. Comme une pensée positive collective quoi*! On a des vies formidables hein?!

Bref, tout ça pour dire que èmèssenne, c'est aussi vital à mon taf que ma tasse de thé du matin ou mon planning de rendez-vous.

 

Donc quand je me suis retrouvée coupée du monde, ben j'ai paniqué. Et sous la pression générale, je me suis inscrite sur facebook.

(allez-y, en choeur:) QUEOUA? t'étais pas encore sur facebook? Ben nan, j'y étais pas encore... Chui pas trop nouveaux modes de communication. En fait, chui surtout pas du tout réseautage social virtuel. POurquoi? Pask'à mes yeux, ça reste, ben... que du virtuel quoi!

Evidemment, tout le monde m'a dit "tu vas voir c'est un truc de ouf, tu vas te laisser prendre au jeu super vite, c'est des trucs anecdotiques mais une fois que t'y es, tu peux plus vivre sans". Ah, ben comme le saucisson, que je me suis dit... J'en mange une tranche pis après je finis par me goinfrer le machin en entier. Ca m'a fait peur j'avoue: je me voyais déjà virer complètement no life, un iphone (dont je contrefous pour l'instant) greffé dans ma main gauche et des écrans partout dans ma maison, la roue de mon hamster transformée en groupe électrogène de fortune, au cas où, etc etc.

 

Et ben franchement, que dalle, j'ai envie de dire.

 

Déjà ça m'a gonflée, mais d'une force, de devoir inviter tous les gens à qui j'avais envie de parler. Après, ça m'a saoulée d'avoir des demandes d'amis de personnes que franchement, j'en ai strictement rien à foutre de leurs vies, ou alors qu'on s'est pas revus depuis 5 ans et ça m'a pas empêchée de vivre , ou encore que j'ai du mal à me souvenir où on s'est rencontrés, qui ils sont, le genre de trucs pas très importants quand on est potes, finalement, hein...

 

Et en plus de ça, ben j'ai trouvé chiant de voir en permanence tous les messages de tous ceux qui parlent à tous les autres. Oui c'est pas clair, mais comme vous êtes sur facebook, vous avez tous compris non? :-)

Ca m'a pas donné envie de les lire, ni d'en savoir plus. J'ai l'impression qu'au contraire, ça a tué toute curiosité/voyeurisme à la con dans l'oeuf. Et pourtant, chui pas la dernière à me connecter à radio ragots...

En vrai, j'ai trouvé tous ces mini instantanés de vie super étriqués et insignifiants. Tu vas me dire: c'est le principe du truc. Mais au lieu de l'universalité, l'ouverture et l'explosion de lien social qu'on m'avait vendus, ça m'a plutôt donné une désagréable impression d'enfermement, un mélange de repli communautaire (pour ne pas dire communautariste) et de mentalité grégaire, en fait, de vase clos assez étouffant.

 

Voilà... Définitivement, je préfére les vrais réseaux sociaux, dans la vraie vie, avec des vrais gens. N'y voyez aucun jugement, c'est juste que je suis totalement inadaptée au mode de fonctionnement facebookesque(ien?iste?) :-)

 

Je reste accrochée à mon messenger old school, et pis c'est tout, comme dirait l'autre

 

 

 

*une fois j'ai oublié de me connecter et j'ai reçu 3 mails et 5 ou 6 textos me demandant ce que je foutais bordel, ou si j'étais mourante, et si non, pourquoi j'étais pas sur èmèssenne s'il vous plaît madame, un mercredi en plus...