09.10.2009

et aux âmes bien nées...

Je viens d'acheter le Elle et de le feuilleter (oui, je sais, demain j'arrête. mais que voulez-vous, j'aime bien m'énerver toute seule :-) ). C'est rare que je lise vraiment un magazine le jour même de son achat (ou de sa réception dans la boîte aux lettres) mais aujourd'hui, j'ai eu l'oeil, la curiosité (que dis-je, l'intellllllect..) et, faut bien le dire, l'esprit de controverse et la fight attitioude, interpellés par un article sur les nouvelles tribus fashion chez les ados.

Bon, ok, le propos n'est pas nouveau et on nous en déjà tartiné des pages sur OMG, comme ils sont pointus, quel bon goût, quel discernement, quel décalage dans le propos, quelle maturité dans le port de la chaussette qui gondole, et caetera et caetera. Remarque, ça va bien avec le culte du jeune dans lequel on baigne (et qui me gonfle, tout le monde le sait).

 

Perso, dans ma province, les ados, c'est pas les mêmes qu'à la capitale. Entendez par là qu'ils ont encore des goûts de chiotte de temps en temps (et tant mieux, comme ça à 30 ans, yseront contents d'avoir découvert autre chose et y trouveront sûrement qu'y  s'en sont pas si mal sortis finalement), que leurs excès ne sont pas toujours over the trend et que leur distinction, leur classe et leur chic naturel peuvent être...hum, disons...discutables. Et contrairement à ce que disent les gens du Elle, ils ne sont pas tant que ça affranchis des marques et de leur dictature.

 

Pis franchement, ces analyses poussées, ces décorticages des codes et tout, ça serait pas qu'une façon adulte de voir les choses? Je veux dire, le comportement fashion des djeuns est peut-être plus intuitif qu'on ne se l'imagine (ce qui ne veut pas dire qu'il n'est pas réfléchi)...?

 

 

Bref, revenons au truc du début.

Elle nous présente quelques tribus: les émos, les fashion girls, les mangas kids, les niou dandies, les r'n'b babes (?). Toutes sont intéressantes à leur façon; toutes donnent envie d'être à nouveau ado et de faire ce qu'on veut de nos sapes (car s'il y a une chose vraie dans tout ce blabla, c'est bien que les ados d'aujourd'hui savent mieux s'éclater avec les fringues que ceux de ma génération).

Toutes sauf une... Les quatre shopaholic (sic) photgraphiées m'ont fait peur, littéralement...Et ce qu'elles ont à dire de leur style encore plus...

 

Morceaux choisis pour ceusses qu'auraient pas la Bible:

"depuis l'âge de 6 ans, j'achète des sacs: Darel, Longchamp..." ????????!!!!!!! nan mais c'est quoi ces conneries??????!!!!!!!

"je refuse le prêt-à-porter bas de gamme" ???????!!!!!!!!! Grâce à Pôpa et Môman, j'imagine. Ah oui: "j'ai la chance de pouvoir piocher dans l'armoire de ma mère" Ouiouioui, c'est bien ce qu'on se disait (remarque tant mieux pour elle -et tant pis pour nous...L'armoire griffée ne fait ni le bon goût ni le style, encore moins la créativité...)...Et dans son compte amex?

"Je m'habille chez sandro, maje, comptoir des cotonniers" Ouhla, ça c'est fun et original alors... et subventionné aussi I presioume...

"Le carré Hermès, c'est tout moi" Aaaaaarrrrggghhhhh apportez moi une corde...

 

Franchement, ces néo apprenties bourges de 15-18 ans m'ont donné la gerbe...Tant de suffisance, d'auto-satisfaction et de mépris (si si, je vous assure, leurs paroles suintent la condescendance mal placée), c'est juste insupportable.

Et ce côté clo(w)nesque -même châtain miellé (les blonettes y paraît qu'y faut dire maintenant, d'après le numéro de la semaine dernière), même moue hautaine, même mèche souple devant l'oeil, même balai dans le cul- ça m'a filé mal au crâne.

 

 

Autant des autres photos, il ressort un je-ne-sais-quoi de légèreté, d'amusement bon enfant sous la pose imposée, de créativité ludique et décomplexée (oui oui, même chez les dandies en noir et blanc), autant celle de ces pétasses en herbe ne donne à voir que des minettes grandies trop vite, prenant avec un sérieux ridicule et une rigueur risible les conseils de leurs aînées, se coulant déjà dans le moule de la fashionista docte et impitoyable, celle qui sait -et au demeurant, celle qui a le fric...

J'ai trouvé le cliché et le propos ennuyeux au possible...Et fadasses...

C'est tellement conventionel ces dissertations sur la mode, c'est tellement attendu ces goûts de rombière du 92...

Pour finir, elles n'ont l'air ni de s'amuser ni de se la donner grave, mais plutôt de se faire chier sévère... comme moi d'ailleurs, j'ai manqué m'endormir (après avoir dégueulé, cela va sans dire...)

 

 

Je possède donc je suis...On n'est encore pas près de s'en sortir...

 

PS : Je sais bien que ce ne sont que des ados et que tout ce que je viens de raconter avant laisse à penser que je n'ai pas pris une once de recul sur tout le truc. alors petitun: c'est vrai. je suis une spécialiste de "je m'énerve et après on en recause" et là, ben je viens à peine de refermer le Elle, alors tu penses... Petitdeux: c'est plus le fait que Elle mette ces ados sur le devant de la scène qui m'agace. Ces gamines ne sont sans doute rien de plus que des fifilles à papa qui n'ont encore pas trop eu le loisir de réfléchir sur la vie, l'amour, la mort, ce que cache leur passion pour les trench burberry et tout et tout. Mais que l'on relaie ce type d'attitude ne fait que la rendre pérenne et lui donner une importance et une crédibilté démesurées. Ca ne fait que l'ériger en règle et en fondement naturel du comportement modesque des ados. Et ça, ça me dérange.

 

 

10.06.2009

de la vraie signification de ma fashion attitioude

"Est-ce que tu as une pièce fétiche, une tenue que tu portes tout le temps, ou que tu préfères entre toutes?"

Voilà la question un peu casse-gueule que Marie m'a posée (oui je sais je fais du Marie-dropping à tout va en ce moment...), quand on a commencé à parler chiffons.

 

J'ai trouvé assez vite finalement...J'ai pris ça un peu à la blague pour commener, pis y a bien fallu que je me rende à l'évidence : la tenue que je préfère, c'est celle que je porte quand je suis chez moi et que je ne reçois pas. C'est celle que j'enfile dès que je rentre du travail et que je ne quitte pas les jours de grosse glande, quand je sais que je ne mettrai pas le nez dehors.

C'est un vieux fute de sport qui a déjà vécu pleinement sa première vie d'athlète et qui, aujourd'hui, se met à la colle avec un tee-shirt tout mou tout pourri H&M, une petite douceur princesse tam-tam ou encore un débardeur petit bateau (ouais,3 d'un coup...il a la santé mon yogging) pour prendre sa retraite tranquilou devant les experts.

 

Bref, c'est du pas glamour, pas classe, pas trendy... Mais dans ces sapes, je suis -juste- moi... Sans frou-frou, sans poudre aux yeux, sans artifice, quoi.

Quand chui en pyj' -paske ne nous mentons pas, visuellement, c'est un pyjama- je me cache derrière rien, je me déguise en rien, je me fais pas jolie, je ne joue pas à être le personnage de mes fringues.

 

Paske finalement, je crois que la mode, pour moi, c'est ça: une représentation, un moyen de paraître ce que je veux paraître, de ne donner à voir de moi que ce qu'il me convient de dévoiler.

Chez certains, se fringuer c'est être en adéquation parfaite avec ce qu'ils sont, être totalement eux-même. Pour moi, c'est au contraire une façon de ne jamais l'être complètement, de mettre à distance ce qui ne me convient pas dans ce moi pas toujours à mon goût. C'est aussi -et paradoxalement- me préserver du regard de l'autre et de son jugement...

C'est la possibilité d'exister à travers un filtre rose ou bleu layette, de jouer à être ce qui me plaît.

 

Oui paske bien sûr, la fashion attitioude reste un jeu, mais un jeu vital, dans le sens où je ne peux pas imaginer vivre sans, et pas seulement d'un point de vue eshétique ou social. Elle me donne la sensation de pouvoir tout gérer, le sentiment de contrôler ce qui me paraît pourtant incontrôlable "à nu", tous ces trucs un peu pourris que j'aimerais rayer de mon existence et de ma personnalité... En fait, d'accepter le difficilement, voire l'in-acceptable...

Bref, elle est tout sauf un truc simple et léger, et finalement, la première difficulté, à savoir quoi mettre ce matin, est bien la moindre!

 

 

Allez, j'vous laisse, je vais me prendre la tête sur quoi dire à ma psy cette semaine... je devrais ptêt lui faire lire mon blog...:-)

 

 

 

25.09.2008

de l'incompréhension de l'homme face aux subtilités de la mode

 Comme promis, quelques extraits des réflexions de MisterJ sur la mode la mode la mode... quelques unes mériteraient d'être calligraphiées et encadrées...

Du coup, on voit bien pourquoi je m'attendais pas du tout au siouper cadeau, et à quel point ça a du être dur pour lui :-)

 

 

 

« quoi ?! pourquoi ça va pas les chaussettes de tennis blanches avec le jean ? c’est pratique, c’es solide et ça se lave bien »  (stade de la relation : +10 jours)

 

« faut que je me rachète des pompes, celles-ci sont foutues. Franchement, elles ont même pas fait 2 ans… c’est vraiment de la merde maintenant chez Chaussea »   (+1 an et demi)

 

« comment tu veux que j’étende correctement tes sapes ?! y a du tissu et des fils qui pendent partout, dans tous les sens ! tu peux pas mettre des trucs normaux de temps en temps »  (+3 ans)

 

« mais à la base, ça sert à quoi d’avoir plein de chaussures si t’as que 2 pieds ? »  (+4 ans)

 

« combien ? 450 euros ? t’as revendu un bête sac à mains 450 euros sur ebay ?! »   (y a 2 semaines… note qu’il est mal placé : vous saviez vous qu’une bonne double pédale pour une batterie, ça coûtait 500 euros ? attends c’est le prix d’un dreyfuss, c’est fou !)

 

"tiens t'es déguisée en panda? tu vas à un goûter d'anniversaire?" alors quej'ai juste l'oeil smoky-sexy comme il faut...(récurrent: marche aussi pour clown/eye liner bleu électrique, gothique dépressive/ombre à paupière gris fumé...) 

 

 

 

Hummm…..après réflexion, notre couple est un mystère

 

 

09.09.2008

de l'inégalité régionale chronique face à la mode

       Save0004.JPG     Depuis le début de la semaine dernière (même si ça va un peu mieux aujourd'hui), la lorraine a retrouvé son profil météorologique classique : alternance d’averses, de nuages gris et de grosse pluie qui mouille fort. Bref, rien que de très classique en ce début de mois de septembre et franchement, j’ai l’habitude. Mais pourtant, aujourd’hui, j’ai juste envie de dire : c’est dégueulaaaaassse !

 

            Pourquoi ce sentiment d’injustice criante, alors que je vis ici depuis, pffffou, je sais même plus combien de temps ?

 

            Explication :

 

           En matière de mode, de fringues, de sapes, etc, etc, tous les hommes –et surtout toutes les femmes- ne naissent pas libres et égaux.

           Ben oui : si tu fais 1 mètre 50 de haut par 1 mètre 20 de large par 130 kg, c'est pas trop évident de te la péter en slim. Non pas que t’aies pas le droit d’en porter, ni d'être jolie dedans,hein ! C’est juste que les professionnels standards de la profession n’ont pas prévu au-delà du 40 et demi dans les rayons et que c'est un tantinet plus dur d'en trouver en 50 qu'en 32. De même, si tu tailles un gentil 80A, y a peu de chance que tu puisses frimer en bustier, voire porter autre chose qu’une brassière gris chinée Etam.

           Bref, dans la vraie vie, tout le monde n’est pas Kate Moss ou Vahina Cocciante*, au cas où certains ne l’auraient pas remarqué.. Ouais, paske les certaines, elles, ont assimilé l’info depuis la rentrée de CM1, quand on leur a demandé pourquoi elles étaient déguisées en sumo/asperge/Mimi Mathy, voire en Alice Sapritch**...

 

         Tout ça, ça fait qu’y a quand même un tas de bonnes raisons de se sentir frustrée, flouée, vexée… à chaque nouvelle saison modesque qui s’annonce. Parce que, faut admettre : outre les interdits morpho classiques (pas de bloomer si tes cuisses ne veulent pas te laisser fermer les boutons sur le côté***, pas de bottes si t’as des mollets de coq/de rugbyman…), y a que ceusse qui font la mode, des fois, y nous en veulent. Ouais, t’as déjà essayé les treggings toi ? ou le bustier au boulot ? ou la mini en jeans passée 15 ans ?la jupe culotte tartan ? ou pire : le short sur les jambes blanches et gondolées???!!! Moi je dis : çui qui a inventé ces trucs, faudrait le forcer à les bouffer à les porter… j'invente rien, mais ç a fait du bien de le dire :-)

 

        Enfin bref, tout ça pour dire et redire que, nan, on rentre pas tous dans le même string et que ça c’est pôôô juste (ou c’est tant mieux ?)

 

 

            Mais là où vraiment, c’est dégueulasse, mais alors dégueulasse, c’est qu’en plus, géographiquement non plus, on n’est pas tous logés à la même enseigne… Et ça, pardon, mais pour le fashion petitprunier qui sommeille en moi, c’est rude. Hier, je sors faire du chopingue : sur les fesses un flare qui recouvre bien les compensées, sur le dos un p’tit blouson en cuir d’agneau, cintré comifo, au bras mon lovely billy, et quand même, pask’on est en Lorraine, un zoli parapluie.

 

          Je sors donc, y pleut 3 gouttes. J’arrive au bout de la rue, une toute toute pitite éclaircie. Je regarde la vitrine de ma boutique préférée : Vlaf ! l’équivalent d’une citerne de récup des eaux usées sur la tête. J’ai même pas eu le temps de dégainer le pébroque ! résultat : coupe ruinée, sapes trempées, Billy noyé J .

          Et même quand y fait que pleuvoir normalement, t’as déjà essayé d’être digne avec le bas du jeans retroussé sur les doigts de pied dégoulinants ? ou de remonter ledit bas de fute quand t’as ton sac à mains, ton sac du boulot, tes sacs du monop et ton pépin*****? Ben crois-moi sur parole : c’est pô facile.

 

 

          Alors que ma copine de Toulouse, par exemple, elle est encore en spartiates et robe angelinajoliesque, et chui sûre qu’elle, elle aura pas besoin de la retrousser (à cause de la pluie, évidemment… pour le reste, elle fait c’qu’elle veut avec son corps).

 

 

            Si ça c’est pas de l’injustice criante, chais pas c’qui vous faut…

 

Sur ce, je vais enlever mes supêêêrbes gants de conduite en agneau plongé**** et mettre mes moufles, j’ai les doigts qui gèlent…

 

 

 

*un fantasme ambulant cette nana

**nan c’est pas du vécu ! c’est méchant de penser çaaaa. Nan, moi c’est madame Pliz, de la pub pour le nettoie-poussière, qui me faisait rêver !

***là par contre : j’ai testé pour vous

****aaahhhh 'soupir'...so glamorous !

****je prends le train popur aller bosser et j'ai un trajet d'un quart d'heure à pied de chez moi à la gare...des fois, un quart d'heure, c'est long