04.06.2009
j'ai fait la boulette...
Oh pas la méga top boulette de la mort quit tue...Juste la petit boulette merdique qui va me foutre à la limite de la merde et qui surtout va occuper mes jours et mes nuits à cause de l'angoisse, de la honte et du stress qu'elle va générer...
Hier, je quittais tôt et je suis allée me balader en ville. Et je suis rentrée dans une boutique que j'aime, qui vend des jolies choses. Et j'avais envie de m'acheter quelque chose, vraiment. J'avais aussi envie de ne pas le faire, parce qu'en ce moment, l'acheteuse compulsive* que j'étais reprend du service et chaque dépense me laisse un peu plus écoeurée de moi-même que le précédent. Un peu plus dans la peur aussi, la peur de "recommencer".
"Acheteuse compulsive"...rien que l'expression est à gerber...Tout de suite, c'est moins glam' que shopping addict, mais tant mieux: malgré ce qu'on essaie de nous faire gober, l'addiction, la compulsion au shopping, c'est tout sauf glam'. j'en ai déjà parlé et je l'ai redis à la chic fille: c'est le côté moche du shopping, celui qu'on te montre jamais dans Elle.
Oh je sais quand même me limiter un peu maintenant. Disons que mes responsabilités pro ("faut que je fasse tourner le cabinet, je vais pas tout foutre en l'air pour une bête histoire de chiffons"...$$auto-persuasion$$méthode coué$$...), une grosse prise de conscience en comparant mon bénéfice net sur la feuille d'imposition et le nombre d'euros sur mon compte et des années de lutte ont su le faire pour moi.
J'achète toujours beaucoup, mais pour le plaisir, et ça change déjà énormément de choses dans ma façon de fonctionner et dans mon rapport à l'argent.
Mais hier aprèm, j'ai retrouvé cette sensation qui d'abord fait battre le coeur pour finir par te le soulever de honte et de culpabilité. J'ai retrouvé ce plaisir un peu sale de la dépense irraisonnée, juste parce qu'on se sent vide et qu'on a besoin d'exister.
Vous vous en foutez sûrement, mais j'ai besoin, là, de vous le dire. Paske j'ai entamé depuis peu un vrai travail sur ce problème; paske que je ne veux plus revivre l'horreur de l'addiction; paske le passé doit le rester et arrêter de me péter à la tronche à chaque faux pas. Et paske j'en ai marre de mes perpétuelles emmerdes de fric malgré un salaire confortable. Yen a qui vont sûrement vouloir me jeter des cailloux, qui vont prendre un air mi-condescendant, mi-méprisant, un peu moralisateur sur les bords, qui vont ne pas comprendre ("p...tain c'est quand même pas compliqué de ne pas aller dans les boutiques..." ben si...si c'était facile je n'en serais pas là...).
J'ai à nouveau du mal à lutter contre l'envie de la dépense. Contre la sensation de plénitude et de 200%vivant qu'elle me procure. Et parce que je me suis crue un instant sauvée, alors que j'avais juste la tête hors de l'eau entre deux déferlantes, ben ça m'est extrêmement douloureux. Un peu comme la chute du haut de l'empire state building, un peu comme la désillusion à la fin d'une belle histoire d'amour, beaucoup comme une grande claque dans la gueule qui vient te rappeler que ma petite, t'es ptêt pas si bien dans tes baskets de trentenaire que tu voudrais nous le faire croire...
Hier je me suis fait très plaisir puis très mal...
J'ai acheté un top Vanessa Bruno, un sautoir les Bijoux de Sophie, une robe Bel Air, des compensées Ash et un sac Abaco. J'ai dépensé du fric qui devait payer d'autres choses, plus importantes, et ça faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé...
Je laisse les bien-pensants faire le calcul si ils veulent, ça leur donnera une bonne raison de plus pour me juger et me lapider en place publique...
Pour les autres, ma fois, y a rien à ajouter, c'est pas pour en mettre plein la vue ou me vanter de mon pouvoir d'achat à la con, c'est juste une liste-thérapie, que j'ai consignée aussi dans un carnet spécial prise de conscience...Une façon de ne pas me voiler la face, d'arrêter de dissimuler mon côté osbcur de la force aussi...D'expier mon péché?!?
Inutile de dire que ces fringues ne seront pas en dessin, encore moins en photo (déjà que j'en fais pas avec celles achetées normalement, légalement j'ai envie de dire...)...Le côté moche, je vous dis...
Toi qui passe ici, merci d'avoir lu ce post pas drôle, qui verse un peu dans l'auto appitoiement...Merci de ne pas l'avoir pris au 1er degré "kesk'elle a à se plaindre et à se la raconter avec ses fringues qui coûtent un rein"...Merci d'avoir essayé de comprendre...
Je m'en excuse, mais je DEVAIS l'écrire....
14:01 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : achat compulsif, dépense
18.09.2008
machine à remonter le temps...
Lundi, j’ai lu un post chez la chic fille qui m’a beaucoup touchée, beaucoup émue, et accessoirement m’a ramenée 10 ans en arrière… Ca parlait d’un truc un peu honteux, un peu obscur, et surtout pas très reconnu : l’achat compulsif, le maladif, le vrai.
Alors c’est pas pour faire dans le pathos* ou m’apitoyer sur mon sort, mais ça m’a donné envie d’en dire quelques mots, ici. Parce que comme je l’ai dit l’autre fois, y a des casseroles qu’on peut pas traîner toute une vie, ça fait tache à côté de la nouvelle argenterie. Parce qu’on en parle pas assez souvent, mais que ce truc, cette boulimie de dépenses, ça peut te ruiner une vie –sociale, familiale, professionnelle, amoureuse…- en deux coups de cuillère à pot. Et parce que ça fait du bien de pouvoir en parler aujourd’hui, c’était pas gagné d’avance….
Y a quelques années, j’étais loin d’être ce que je suis maintenant**. Pas vraiment différente, mais trop : trop exaltée, trop radicale et trop extrême, trop amoureuse, trop mal dans ma peau, trop désespérément fêtarde… trop tout.
de fait, le jour où ma petite vie, certes de patachon, mais néanmoins bien rythmée, bien lancée, a basculé, ben je me suis réfugiée dans une valeur sûre : la flambe. Et là, je vous parle pas de la virée action-émotion-culpabilisation chez le suédois du coin (qui d’ailleurs n’était pas encore là, le bougre), finalement agréable, entre l’étourdissement de l’achat et le plaisir des nouvelles choses.
Nan, je vous parle de la grosse crise boulimique, incontrôlable, dévastatrice, la lame de fond de la compulsion qu’on sent arriver comme une fatalité…on rentre dans une boutique, de préférence avec des étiquettes bien relevées….
Qui déferle sans qu’on puisse la canaliser… on prend tout sans essayer, en sachant que, pour 2 ou 3 rescapés, combien de jetés ? donnés ? oubliés ?….
Et qui se termine dans une espèce d’apothéose…. La montée d’adrénaline au passage en caisse, le plaisir malsain et la pointe de contentement sadique à l’annonce du montant-s’il-vous-plaît-mademoiselle, la grisante euphorie de payer, dépenser du fric, ce fric qu’on n’a pas, et tant pis…
Et la redescente….
L’écoeurement d’abord, face au sourire niais et vénal de la vendeuse, le haut-le-cœur devant tant de gâchis et de cadavres inutilement accumulés, ajoutés aux autres….
Les emmerdes ensuite… le sac de nœuds des problèmes financiers, des comptes bloqués, des salaires saisis et des débuts de mois plus que difficiles… la valse de la sonnette au rythme des huissiers… l’engrenage des mensonges…
Et la tristesse, l’angoisse de l’impuissance…sentir que l’on ne maîtrise plus rien, réaliser que le quotidien est devenu un enfer et que la vie s’échappe…Mais s’enfoncer encore, parce qu’au point où on en est…
Le désespoir de l’incompréhension aussi, celle des regards qui jugent, des paroles qui blessent, des pensées qui condamnent ; sa propre incompréhension, sa propre condamnation, son propre dégoût ; l’éternelle question… pourquoi ? j’ai tout, j’avais tout….
Et la peur du lendemain, de la prochaine crise, parce qu’on sait que ça va recommencer… se rendre compte qu’on est seul, et que ceux qui restent encore sont ceux qu’on ne voudrait plus voir, qu’on n’ose plus regarder, tellement la honte est violente… la honte, par-dessus tout, plus ravageuse que tout le reste…honte de soi, honte d’être encore aimée, encore crue malgré les mensonges, honte d’être encore attendue malgré les absences …
C’est tellement ridicule et pathétique, ce cirque, ça semble tellement facile de tout arranger, de ne pas pousser la porte du magasin… tellement stupide que personne n’imagine à quel point c’est maladif
Finir par sombrer, tout doucement, à chaque crise un peu plus… trouver le non-retour attrayant, réconfortant… se dire que tout ça viendra à bout de l’amour des gens, de leur patience, de leur bienveillance… alors songer à s’arrêter maintenant, là, tout de suite, avant que ça ne devienne encore plus insupportable ; rêver de se reposer, d’être en paix, enfin…
........ne pas le faire.....
Et puis un jour, des mois, des années après, émerger enfin de ces abîmes, retrouver le soleil et le bonheur d’être là….
Vivre… et vivre bien… !
*quoique c’est ptêt ce qui risque d’arriver… !
**cette magnifique jeune femme épanouie et sereine, maîtresse de son destin, et tout… nan j’rigole
Voilà, c’était le post sérieux de l’année ! c’était un peu long: vraiment c’est super sympa à vous d’être resté jusqu’au bout !
Promis, la prochaine fois je vous reparle de saucisson, de gens qui puent la transpi et du dernier cadeau, last but not least, que j’ai eu pour mon anniv J
16:23 Publié dans vis ma vie (de petitprunier) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : achat compulsif, compulsion