20/09/2013

du sexe, du couple et d'autres petites contrariétés

en ce moment dans mon entourage, jl'ai dit l'autre jour, y a pas mal de remous au sein de couples formés depuis quelques années déjà. certains se sont séparés, d'autres tentent vaille que vaille de sauver ce qu'il y a de bon à sauver, et d'autres encore (dont je suis) commencent tout juste à retrouver leur vitesse de croisière, leur sécurité et la sérénité qui va avec.

 

au coeur de chacune de ces remises en question, y a le sexe... à différents niveaux, pour différentes raisons. mais force est de constater que c'est central et récurrent ce truc du cul en couple.

pourquoi on le fait et pourquoi on le fait plus;

est-ce qu'on a envie -voire est-ce qu'on doit- aller voir ailleurs;

est-ce que c 'est possible de maintenir l'excitation comme au début;

est-ce que le sexe doit être au centre du couple et, le cas échéant, est-ce que plus de sexe ça veut dire plus de couple, ou est-ce qu'il peut y avoir de la nuance;

et finalement, en filigrane, la question à 100 balles : est-ce qu'on doit se séparer quand on baise plus? ou est-ce que ça vaut le coup -et surtout est-ce que c'est possible- de rattraper le truc?

 

j'ai pas de réponse à tout ça, sinon, ça se saurait et je pourrais ouvrir une consult sexo magique à 500 boules le quart d'heure. nan, je peux juste essayer de réfléchir par rapport à mon propre cas, mon ressenti et la façon dont je vis.

 

perso, ma libido se porte bien, et est assez indépendante du contexte. j'entends par là que j'ai envie, même quand chui pas au top dans ma vie. mon mec ne fonctionne pas comme ça. pour lui, l'envie, ou plutôt, là encore, la non envie, de sexe est directement liée aux événements qu'il vit, traverse, ou subit.

je comprends, j'accepte, ça ne me dérange pas. je devrais dire : ça ne me dérange plus. j'ai appris à faire la différence entre une vie sexuelle molle du genou (ou d'ailleurs... mouaaaah que je suis drôle et fine et subtile) parce que conjoncture défavorable, ou ceinture parce que rejet du ou de la partenaire.

je crois que le premier cas de figure se résout mieux (et concerne environ 100% des couples à un moment ou à un autre, même les illégitimes) que le second. je peux accepter des périodes zéro baise si je comprends pourquoi. si d'un côté comme de l'autre, y a encore une envie physique de baisers, de câlins, de se coller au pieu ou sur le canap. dit comme ça, ça a très probablement l'air pathétique, mais en ce qui me concerne, ça marche comme ça : si je sens qu'il y a toujours du potentiel, que j'ai toujours envie du contact et du corps de mon mec (et réciproquement), le fait que ça s'exprime temporairement autrement que par des séances de cul me convient.

l'idée derrière tout ça étant d'avoir réussi à comprendre et assimiler que c'est pas paskon baise pas, que mon mec n'a pas envie de sexe, qu'il n'a pas envie de moi. j'ai arrêté de me sentir agressée, humiliée, moche, grosse, conne et aussi digne d'intérêt qu'une mouche, quand mon mec avait la migraine. certains trouveront peut-être que c'est pathétique. pour moi, ça a été salvateur.

 

en revanche, sentir le rejet physique chez l'autre, sentir qu'il/elle n'a plus envie de contact, que son corps est devenu un objet d'indifférence ou pire, de répulsion, me paraît beaucoup plus difficile à accepter et à vivre. et quand ça m'est arrivé -de sentir ce rejet ou de le faire sentir- je ne l'ai pas supporté. devenir une espèce de meuble parmi les autres. constater que la lassitude de l'autre et de son corps est telle que rien ne t'en détourne...

est-ce que dans ce cas, le manque de sexe est seulement le symptôme d'un dysfonctionnement plus profond du couple? chui tentée de répondre oui...

 

jm'arrête là pour aujourd'hui si tu veux bien, paske j'ai encore des trucs à dire sur le sujet,mais là, c'est pas encore trop optimisé dans mon cerveau. on en reparle, ok?

 

passe un bon uikenne en attendant

18/09/2013

d'un petit reste de vacances

(un scan bien pourri comme d hab... y a des choses qui, malheureusement, ne changent JAMAIS)

ça faisait une vie qu y avait pas eu de petit dessin par ici. en fait, ça faisait une vie que je ne dessinais plus. trop prise, trop phagocytée par des trucs pourris, trop pas inspirée... bref trop de mauvaises excuses...

pis pendant les vacances, c'est revenu comme ça, tranquilou. en fait, j'avais une flemme énoooorme d'écrire mes cartes postales. autant j'adore en envoyer et en recevoir, autant je trouve ça complètement con de devoir me forcer à écrire un truc niais et creux. c'est vrai quoi, tu achètes une carte paske tu penses aux gens, paske t'as envie de leur faire partager un moment qui te plaît, un lieu où tu te sens bien, une situation qui te fait kiffer, et les seuls trucs qu'ils sauront, finalement, c'est -en gros- que tu dors bien, que tu manges et bois bien, et qu'y fait beau/moche.

 

du coup, sur la plage, au moment d'écrire, bim :

 

 

plage, soleil, vacances

 

c'est à la rochelle. y fait beau, y a du soleil, on est bien, on pense à toi, gros bisous

 

la rochelle c'est hyper joli, j'aime beaucoup cette ville, mais sur la micro plage, y a pas un poil d'ombre... mon mec est du genre à cramer en mars, sous le auvent d'une terrasse de café, avec un indice 50... ces deux infos combinées t amènent direct à la conclusion suivante : c'était pas gagné pour l'aprèm en bord de mer...

c'était sans compter sur... le pouvoââââr du PARASOL (tadaaaaaa). ouais, t'as bien lu: du parasol... comme dans "parasol-glacière-pliant"; comme dans "congés payés des années 70/80";comme dans "regarde-moi-ces-beaufs-avec-leur-truc-à-franges". ouiouioui

 

ben laisse moi te dire que ça a carrément changé la donne de l'amour à la plage, hein. et notre vie par la même occas.

jl'ai choisi fuschia avec des pois. discret, classe, sobre. nan mais c'est paske le jour d'avant, j'avais perdu mes lunettes dans l'océan (sur une autre plage, 'achement moins reculée, avec des vagues 'achement plus grosses) , et que, ben quand chui ressortie aveugle de l'eau (et mortifiée/énervée/désespérée d'avoir perdu 600 boules ds la flotte) (je suis LA myopie faite femme) , j'ai mis des plombes à retrouver misterJ sur le sable... heureusement, c'est le seul mec qui reste en jean sur son drap de bain, ça m'a un peu aidée. bref, double moment de solitude... d'où parasol qui fait aussi gyrophare (et attrape-moucheron)

voilà voilà...

 

(certes ça change des thèmes abordés juste avant jte l'accorde... mais ma rentrée mobilise tout ce que j'ai de capacités à réfléchir et de mémoire vive)

03/09/2013

de ma chance

je lis beaucoup dans les blogs et les bouquins -en particulier dans "la femme unidimensionnelle" et "petites filles d'aujourd'hui"- qui m'occupent en ce moment que les fillettes, les filles et les femmes qu'elles deviennent, sont éduquées à craindre le viol. qu'elles savent dès très jeunes qu'elles doivent se préserver du prédateur, de l'homme. qu'elles apprennent très rapidement et très tôt qu'un jour probablement, elles seront violées (je dis pas, malheureusement, cela sera vrai pour certaines, il ne s'agit pas de nier cette réalité bien sûr. mais les stats ne sont pas le propos du jour). et que par conséquent, leur préservation passe par la restriction de leurs mouvements.

 

alors qu'un mec court aussi le risque d'être agressé et/ou tué lorsqu'il sort tard ou se trimballe dans des quartiers mal famés, on n'enseigne pas aux petits garçons qu'ils doivent rester chez eux. on les informe, on les met en garde contre les différentes situations à risque dans lesquels ils sont susceptibles de se retrouver, certes. ceci étant, en aucun cas on ne les exhorte à rester à la maison...

aux filles, même si elles risquent aussi d'être tuées dans les mêmes circonstances, on inculte la nécessité d'éviter le viol. pour ce faire, on leur enjoint de réduire leurs déplacements, de limiter l'espace dans lequel elles évoluent. avec toute la bienveillance du monde, on les force au cantonnement au petits volumes, au huis clos. on les incite à ne pas se répandre, à ne pas bouger. (remarque c'est bien pratique, ça donne des excuses toutes trouvées pour asseoir le clivage de base femme maître de l intime, du foyer/homme conquérant, ouvert sur le monde. mais bon c'est pas le débat, là tout de suite.)

tout ça, c'est bien sûr pas moi qui ai décortiqué, hein. mais c'est une analyse qui me parle vraiment, l'idée selon laquelle le viol est un moyen de maintenir les femmes à leur place alors même qu'il n'est qu'à l'état d'hypothèse. par "à leur place", j'entends loin des grands espaces, bien à l'abri, replié sur leur chez-elle et leur anxiété. loin de là où se trouvent les enjeux. loin de là où se jouent le devenir et la réalité du monde.

 

 

alors pourquoi tout ce bla bla, tu vas me demander? simplement parce que je me suis dit en parcourant cette littérature que j'avais de la chance de n'avoir pas été élevée comme ça, dans ce concept de limites inévitables...

 

 

mes parents sont des gens ordinaires, avec des opinions égalitaires mais sans avis militant sur le féminisme, la place des femmes dans la société, etc. mon père était quelqu'un qui semblait même un poil macho, un peu homophobe sur les bords. qui semblait seulement. ça n'est que bien après être partie de chez lui que je me suis aperçue que son intolérance et son machisme n'étaient que de façade (tu me diras, c'est aussi la façade qui fait que les choses bougent si lentement hein...). une pose, en quelque sorte; celle de l'Homme dans toute sa splendeur. un besoin probablement lié aux failles, à la fragilité et à des opinions "modernes" dont il imaginait sans doute qu'elles entraient en contradiction avec son rôle, sa personnalité, ce qu'il se devait de représenter. l'expression d'un conflit intérieur. mais bon, je vais pas psychanalyser mon père ici :-p

 

ce que je veux dire après toutes ces digressions, c'est que mes parents ne m'ont jamais ne serait-ce que laissé entendre qu'à cause de mon sexe, des choses m'étaient interdites. en particulier la possibilité de me mouvoir comme bon me semblait, où je voulais, quand je le voulais. alors bien sûr, j'ai été mise en garde, informée des risques. mais toujours en terme de risque vital et non uniquement sexuel. toujours en terme d'intégrité de ma personne complète, physique et psychique, et non de préservation de ma chatte.

 

j'ai de la chance.

 

je n'ai pas été élevée avec l'idée que parce que j'étais une fille, je devais modérer mon espace -physique certes, mais également professionnel, social et sentimental- ou renoncer à ma liberté d'individu, quelle qu'elle soit d'ailleurs. j'ai eu le droit de faire mes propres expériences, de décider de mes propres actes, et d'en supporter les conséquences aussi. paske c'est ça aussi être un individu à part entière, et pas une pauvre petite chose fragile qui doit soit être réprimandée et culpabilisée si elle s'est écartée du droit chemin (t'as été violée? fallait sortir de chez toi malheureuse), soit inéluctablement victimisée.

on m'a laissé la possibilité d'élargir mon horizon, au sens propre comme au sens figuré, et de découvrir et définir moi-même les limites qui protègeraient la personne -et non l'appareil génital féminin- que je suis.

je n'ai jamais eu peur de voyager seule, de rentrer seule, de me trouver en compagnie de personnes rencontrées au hasard de mes soirées ou de mes pérégrinations diverses.

 

oh, je me suis en danger, ça c'est certain. j'ai outrepassé lesdites limites que je m'étais difficilement fixées, j'ai joué avec le feu, jusqu'à me brûler. j'ai évité des grosses emmerdes in extremis aussi.

mais les fois où le point de non-retour a été atteint, les fois où j'ai eu vraiment mal, les fois qui ont marqué d'une empreinte moche le reste de ma vie, elles ne sont pas arrivées dans les situations stéréotypées que l'on imagine. nan. elles sont arrivées dans le quotidien; avec des visages de tous les jours; dans des instants et des contextes banals.

 

ma vulnérabilité de femme, je l'ai sentie et touchée du doigt parce que d'autres ont voulu me la faire sentir plus tard, peut-être dérangés par la naïveté avec laquelle j'envisageais les choses (à savoir : mon sexe ne détermine pas ce que je peux ou dois faire). pas parce qu'on me l'a inculquée de force dès ma petite enfance.

 

je le répète, j'ai de la chance.

 

jamais personne, dans ma vie d'enfant et d'ado, n'a empêché quoi que ce soit ou même tempéré quoi que ce soit parce que j'étais de sexe féminin. on m'a laissé, reconnu même, le droit d'être forte, intelligente, ambitieuse et même jolie (le droit j'ai dit hein, j'ai pas dit que c'est ce que j'étais. sérieux sinon je serais déjà maîtresse du monde. quoique, il est plus vraisemblable que je ne sois QUE la femme du maître du monde... ou alors jodie foster). le droit de lire dans ma chambre toute la journée, d'habiller mes barbies pendant des heures, mais aussi celui de salir mes fringues en me roulant dans la boue et d'être chef de bande à la récré.

 

je me suis rendue compte de cette chance quand j'ai vécu seule pour la première fois.

j'avoue, ça m'a fait un choc.

j'avais du mal à comprendre les comportements de certaines nanas que je côtoyais.

par exemple, les copines de ma soeur, qui se raccompagnaient mutuellement à leur voiture respective après une soirée, l'avant-dernière à retrouver son véhicule remmenant la dernière en bagnole jusqu'à la sienne (t'as trouvé ça chiant à lire? jte rassure jl'ai trouvé pénible à écrire et encore plus à vivre ;-) ).

ou alors mes collègues de job étudiant, qui trouvaient que génie des matériaux, c'était pas une filière pour une petite nénette comme moi (sous-entendu toujours sapée, maquillée, apprêtée. girly quoi). et qu'ingénieur, c'était chaud pour une fille comme métier, parce que ça impliquait de bosser avec plein de mecs, voire de les diriger. et on SAIT ce qui risque d'arriver quand une femme a un ascendant pro sur un groupe de mecs hein...

ou encore des copines qui pensaient que je ne devais pas rentrer seule le soir à pieds, ou prendre le train italien de nuit, ou qu'au moins, je devais avoir un peu la trouille, c'est un minimum, paske avec les fringues que je porte quand même... quand même quoi?!jvais me faire violer c'est ça, et je l'aurai bien cherché?

 

 

je comprenais pas.

jme disais que ces filles avaient peur et que c'était pour ça qu'elles voyaient le mal partout et que c'est pour ça que ça risquait encore plus de leur arriver (j'étais un peu conne aussi dans mon genre, hein...!).

elles avaient -et ont sûrement toujours- peur, mais pas tant pour leur vie que pour leur sexe. c'est ça que je ne comprenais pas, en fait. encore aujourd'hui, quand je me retrouve dans une situation chelou, j'ai d'abord la peur de me faire planter avant celle de me faire violer.

 

 

je ne juge pas, vraiment. ne te méprends pas. chacun compose comme il peut avec ce qu'il a à sa disposition de craintes et de moyens de les éradiquer. je ne juge pas. et je comprends mieux, maintenant.

 

 

si j'ai envie de parler de ça aujourd'hui, c'est parce qu'il m'est arrivé un truc récemment qui m'a interpelée.

 

il y a quelques semaines, je suis allée en italie, voir un ami, en urgence. j'ai donc pris le train de nuit dont je parlais juste avant, qu'on me déconseillait déjà de prendre seule. le même que je prenais il y a 15 ans.

aller : 17h-19h30 nancy-dijon. correspondance. 22h30-8h dijon-padova

retour : les mêmes dans l autre sens, 20h30-6h ; 9h30-midi

la nuit, quoi.

quand je réserve ma place sur internet, le site me propose automatiquement une place en compartiment spécial femmes. c'est-à-dire occupé uniquement par des femmes.

dans un premier temps, ça me fait sourire : après tout, ça n'existait pas avant, et jme suis jamais demandé si c'était over risqué d'être en compartiment avec des mecs. pis merde, j'ai 35 ans, je vais pas m'auto ghettoïser comme ça, à mon âââge. pis, comme une conne, je vais voir les avis sur ce trajet, sur le net toujours. sur des forum. évidemment, je n'y trouve que des coms tous plus alarmistes les uns que les autres, qui portent essentiellement sur les vols. pas d'agression relatées, au contraire; le climat général c'est plutôt : boh ça craint pas pour ta gueule ou ton cul, par contre pour tes valoches, t'as intérêt à ouvrir l'oeil.

sauf que, finalement, ça me fait cogiter... je cogite, je cogite... et je finis par céder... je prends une place dans un compartiment femmes.

 

 

je reste abasourdie du naturel avec lequel j'ai fini par trouver que c'était "une bonne idée", que j'avais BESOIN d'être isolée, protégée dans ce wagon spécial gonzesses. à quel point ça a été rapide et facile d'imaginer des trucs qui restreignent mon espace alors même que les dangers cités n'étaient que matériels; alors même que je n'ai jamais été conditionnée à agir de la sorte.

 

qu'est ce qui, en 15 ans, a fait que j'ai glissé aussi aisément dans une espèce de crainte diffuse, malgré la certitude qu'on m'a donnée, et qui reste bien ancrée en moi malgré tout, que je ne suis pas entravée dans les déplacements et mes mouvements par mon sexe de fille? oh bien sûr, certains parleront de maturité... ou diront que c'est quand même pas la mort, les compartiments femme. qu'y a pire, et que ça peut "protéger des dangers éventuels", même si "jusque là, y a jamais eu trop de merdes"...

 

ben oui... ça y est, la boucle est bouclée... c'est pas grave les restrictions, puisque ça peut te faire du bien...c'est justement cet argument aliénant sous ses airs bienveillants qui me dérange énormément.

 

est-ce qu'à un moment, on pourrait arrêter de circonscrire les femmes dans un espace confiné en leur faisant croire que c'est pour leur bien? est-ce qu'on pourrait arrêter de me dire et de savoir mieux que moi ce qui est bon pour moi? est-ce qu'on pourrait considérer que la solution n'est pas l'exacerbation des peurs par une réponse directe et physique mais plutôt la suppression des causes de crainte?

 

paske c'est vrai, au fond, c'est pas si grave cette histoire de train...

ouais...

quand même...