04.05.2012

du jeu

je me suis fait une réflexion l'autre matin, alors que je sortais prendre mon bus pour aller bosser. je me suis vue partir travailler et je me suis dit : "ben ouais, tu vas au taf... un truc de grand..."

oui je sais, c'est très con... ça va faire 6 ans que je suis ortho et bien plus que ça encore que je travaille. mais très bizarrement, je ne me suis jamais sentie dans la peau d'une jeune femme active bien sous tous rapports (ça, c'est déjà mort, de toute facon...!). je veux dire, je vais bosser comme j'allais à la fac il n'y a pas si longtemps.

 

je n'ai pas le sentiment de gagner ma vie, d'avoir des responsabilités, de faire partie des contribuables -même si je les sens bien passer, les impôts... c'est comme si dans ma tête, le travail restait quelque chose d'"annexe", qu'on fait comme ça, parce qu'on n'a pas le choix, mais en vivant sa vie ailleurs. comme si c'était un truc en marge de mon existence "normale"... chais pas si c'est très clair ce que je raconte...

 

je crois que je continue -malgré tout et assez inconsciemment- à envisager la vie "adulte" comme un jeu de rôle. Un truc dans lequel je ferais semblant. oui, c 'est exactement ça, maintenant que j'y pense, je joue à faire semblant...

comme si, au fond, ça n'était pas ça la vraie vie... sauf que... ben c'est quand même ça non? plus j'y pense et plus je me dis que ma tendance à l'auto-sabotage, mes problèmes de tunes, mon permis loupé, mon rapport à la maternité, tout ça tout ça, ne sont en partie que des symptômes de cette incapacité à voir que là, ça y est, j'ai une vie de grand, un métier de grand, des responsabilités de grand... il serait temps que l'idée fasse son chemin...

 

 

j'ai pas très envie, à vrai dire... ça me rassure et me tranquilise, ce côté gosse. plus je vieillis, plus l'étendue des possibles et de ce que je peux faire de ma vie semblent se reduire. et ça, ça me fait très très peur.

 

on n'est pas loin du syndrôme de peter pan, là, hein -ou de l'usurpateur. oui paske tout ça, ça me donne aussi le sentiment pas très agréable de tromper les gens sur la marchandise, de leur donner à voir quelque chose de grimé...

 

je me sens un peu pathétique...

 

sur ce, bon ouikende les gens, et bon pont pour les chanceux :-) en ce qui me concerne, chui en formation lundi, MARDI et mercredi... 'taiiiiin....!

 

14.04.2012

de la (fin de la) compulsion... encore

C'est en postant un com chez marie que j'ai eu envie d'en parler à nouveau ici.

 

C'est pas nouveau: tu sais que la compulsion et moi, ça n'a fait qu'un pendant très longtemps. tu sais ptêt aussi que ça va mieux, même si je n'ose plus crier victoire, j'ai trop peur. Et aussi parce que, pour ça aussi, l'équilibre est trop fragile. Chais pas, ça doit être ancré en moi ce léééger problème de balance. Ne jamais être sûre de trouver le juste milieu. Devoir constamment faire des claquettes sur des roulements à billes...

Peut-être qu'au fond, j'en ai pas tant envie que ça. Peut-être que ce grand écart permanent entre deux rondins de bois sur une rivière agitée, c'est ma façon de me sentir vivre. je ne sais pas... (Note que, très connement, je trouve pas ça confortable pour autant hein...)

 

Bref, marie, elle explique depuis plusieurs mois maintenant comment elle arrive à se sortir de cette putain d'addiction à la sape. Pour elle, ça passe par l'épure totale et sans concession de son dressing : arrêter d'accumuler pour y voir clair et se libérer des choses.

 

Pour moi, c'est passé par l'exact négatif : arrêter de jeter pour retrouver de la valeur là où il n'y en avait plus. Pour retrouver ma propre valeur, là où elle n'existait plus non plus.

 

Au temps de l'achat compulsif, les fringues -ou le reste- ne restaient jamais bien longtemps chez moi. Des fois, j'achetais pour les autres, ça me procurait autant de furtif apaisement qu'un fix pour moi, la culpabilité un peu plus en sourdine, pour le coup : j'aimais (et j'aime encore) ça, faire plaisir. Et ça me donnait le sentiment de ne pas faire trop de conneries. D'autres fois, pas si nombreuses, mais quand, même, trop fréquentes, je ne portais même pas ce que j'avais acheté. Ca partait direct en dépôt-vente pour un vingtième du prix de base, ou sur les fesses des copines, voire, dans les cas plus extrêmes, à la poubelle (et là, en écrivant ça, je peux presque encore sentir la honte brûler mes joues).

 

Garder les choses était trop douloureux. C'était avoir en permanence sous les yeux ma honte, ma défaite, mon abdication. Mon incapacité crasse à me contrôler et à gérer ma vie. Ma haine de ma personne. Le mal que je faisais aux autres. Il fallait s'en débarrasser rapidement. Trop vite achetés, trop mal portés, encore plus vite et plus mal sacrifiés.

 

Et puis je crois aussi que garder des affaires, ça aurait voulu dire leur donner un sens, leur donner de l'importance, être obligée de regarder en face leur vrai prix, et pas seulement celui en francs ou euros, nan. Leur prix en souffrance aussi; en gâchis; en larmes; en échec; en amour fichu en l'air; en pertes humaines en quelque sorte. Et ça, c'était juste impossible, au-dessus de mes forces. Leur seule utilité était justement, à l'inverse, de m'en donner un peu à moi, de l'importance, de la consistance, de la valeur. C'était une tâche tellement difficile, tellement lourde, tellement... irréalisable pour de simples objets...

Je comptais sur eux pour me (re)construire et me donner de la substance, et ça ne marchait jamais. Ils parvenaient juste à me cacher un peu, à dissimuler la béance. Ils me couvraient, me soutenaient et me donnaient du corps; ils parvenaient parfois à me définir, mais ça n'avait qu'un temps. Parce que rien ne peut te définir si tu ne sais pas qui tu es, je crois.

Mais à l'époque, je n'avais pas compris...

 

 

Quand j'ai commencé à aller mieux, et que je me suis crue sauvée trop vite, j'ai arrêté d'acheter tout et n'importe quoi. Mes dépenses étaient plus raisonnables et plus raisonnées. Mais quand même encore trop. Encore trop importantes, encore trop investies d'une mission encore trop lourde pour elles. Et j'aurais du m'en douter: si je ne jetais plus, je continuais à donner, vendre, offrir. Bref, à assurer le turn over en même temps qu'à me protéger du reproche permanent que me renvoyaient les fringues dans mon armoire, et de la nécessité de voir ma vie en face, de me regarder dans les yeux et de voir ce que j'étais, vraiment.

 

 

Et puis un jour, j'ai commencé à garder. Au début, je me suis dit que conserver mes fringues, c'était une façon de ne plus en acheter autant. Que si je parvenais à gérer et rentabiliser ce que je possédais déjà, je maîtriserais mieux mes rechutes et je serais moins tentée par du toujours-plus.

 

Cétait une fausse analyse, je m'en rends compte maintenant. Si je n'avais pas été déjà un peu "guérie", ça n'aurait jamais marché. Evidemment, sinon j'aurais essayé avant...

En vrai, ne plus me séparer de mes habits, ça n'était pas empêcher que d'autres les rejoignent, c'était simplement les prendre pour ce qu'ils étaient, leur redonner leur vraie place. Dans tous les sens du terme.C'était aussi comprendre que je n'en avais pas besoin pour exister. Que je pouvais être moi autrement. Que je pouvais être moi, en fait.

 

Aujourd'hui, être capable de conserver mes fringues d'une saison sur l'autre, ça n'est pas que me prouver que je peux être bien sapée avec des vieilleries, ni que je peux résister à l'appel de la mode et de la nouveauté, nan. C'est être capable de leur reconnaître une autre valeur que celle d'un pansement. Me dire que ces choses ont un prix, donc, et que ce n'est pas rien. Qu'elles ont une fonction et que c'est seulement celle de me vêtir -et peut-etre quand même de me faire jolie :-)

C'est être capable de les réinvestir vraiment, uniquement pour ce qu'elles sont et non pas pour ce que je projette de moi-même sur elles.

 

J'ai le sentiment de savoir un peu plus qui je suis. Ou du moins ai-je la sensation apaisante d'être quelqu'un, je veux dire, pas seulement une petite chose toute creuse qui doit être remplie et étayée pour exister, mais une vraie personne, avec de la substance, du corps -et du libre-arbitre. Oh, bien sûr, souvent encore, la sensation de vide revient, mais elle est un peu moins attirante, un peu moins envoûtante ces derniers temps. Elle a perdu l'attrait de l'ivresse.

 

 

En fait, je crois que pour la première fois, c est moi qui porte mes fringues et non l inverse... (dit comme ça, ça fout les boules hein!)

16.01.2012

du lundi, encore!

Dieu que ce lundi a été dur, et chiant, et pénible, et looooong... Oui oui, tout ça...

Chui à nouveau dans une phase "retour de week end" qui fout les glandes. Tant pis, ou tant mieux...

 

Ce ouikende, jme suis baladée sous un soleil splendide et un ciel bleu magnifique. Il faisait froid, il faisait sec, il faisait beau... Un temps d'hiver comme j'aime :-)

Et il faisait doux aussi; pas dans les températures, mais doux quand même...

 

C'est bien de faire des trucs qu'on aime avec des gens qu'on aime. De petit-déjeuner dans un joli endroit, après s'être retrouvé dans le hall d'une gare. De profiter de quelques heures de répit entre deux boutiques et de se dire qu'on ne voudrait pas être ailleurs. De bruncher avec du hautes côtes de beaunes vieilles vignes. De se recoucher pour une petite sieste à 16h. De boire des pintes de bière sous un plafond de bois blond.

De prendre son temps :-)

 

 

Dans ma famille, on n'a pas la parole facile (note que le contact physique n'est pas beaucoup plus évident non plus hein!). On ne dit pas forcément ce qui fâche, on préfère se fabriquer des ulcères. On ne dit pas tellement non plus ce qui fait du bien, on aime à croire que les sentiments et les émotions parlent d'eux-mêmes.

Mais en vrai, c'est pas comme ça que ça se danse... en vrai, si tu dis pas aux gens que tu les aimes, ben y sont pas censés le savoir. Pis même, quand bien même tu le saurais, est-ce que ça te fait pas à mort du bien dans ton coeur et dans ton corps quand on te le dit? Si? Ben voilà, t'as tout compris et tu sais ce qui te reste à faire...

 

Moi je dis, quand quelqu'un compte, faut le dire, point. Just do it, quoi, y sera ptêt trop tard après...

 

C'est dingue quand même la masse d'infos primordiales que j'avais à faire passer aujourd'hui... Si si, jvois bien que ça t'a captivé... Nan,me remercie pas, c'est cadeau, ça m'a fait plais' ;-)

 

bonne semaine les gens :-)